poemes

         La lune rousse…

 

Ta peau est une carte mais je me suis perdu.

Et la lune était rousse et le fleuve indolent,

Il venait d’avant nous, oublieux de lui-même,

Sous les ponts et les chaînes et la trace de nos mains

 

Le soleil s’endormait à l’ombre de tes yeux,

Il ne reste que le chant de ma peau à ta peau,

Et les nuits, les désirs, la douceur du sommeil…

Et ta peau se fondait sur le sable des dunes.

 

L’hivers tombe. Et le fleuve et nos vies, sous la glace

Se figent. Tu étais le soleil, le désir, la lumière…

Une paix espérée, le havre d’une vie.

 

Les Héros, sur la place, en cercle de justice,

Le sel sur ta peau et la neige sur les dalles…

Et leurs yeux de silence se ferment sur nos pas.

 

Budapest 25/02/07

 


 

         Le Fleuve

 

Le fleuve est à la ville, la caresse de l’amant;

Les collines sont ouvertes de toute éternité.

La brume sur le matin et le fleuve qui chemine,

Je suis ancré à toi et le fleuve à sa terre.

 

Ton ventre est une étole plus loin que l’horizon,

Obstinée et heureuse, point à point, tu brodais.

Les étoiles de ta peau scintillent aux portes du savoir,

Le vin et les regrets vieillissent lentement…

 

La porte des déserts se mirait dans tes yeux,

De l’or et puis de l’ocre,  un souvenir de feu…

Pourquoi brûler encore, a l’ombre de ta peau ?

 

Et le temps a passé, une brume s’est levée,

Poussières de nos amours égarées sur le temps…

Pourquoi couler encore, indolents et lointains ?

 

                                   Moscow/Budapest, May 15th, 2007

                        Laura d'un An

 

Tu es douce en tes gestes malins,

et l'eau magique que ton rire embellit

s'achève en vagues tendres et en cocons subtils.

Jaillissant, alors, d'éclaboussures mousseuses,

ton corps, doucement, se coule dans l'eau tiède.

 

Tu es belle en tes sourires coquins

et ton regard pétille aux frontières du jour.

De ce sommeil qui parfois te rejoint,

une bulle de rêve émerge sur tes lèvres.

Ta solitude est douce lorsque tu fermes les yeux.

 

Ce sommeil et ces rêves et la magie d'un soir,

la lampe aquarelle et le Babar tranquille...

Ton sourire se prolonge d'un rêve maintes fois repris

et ta main se referme sur la poupée qui veille.

 

Au réveil, ce sourire que souligne tes yeux noirs,

tes paupières scintillent au jour qui se lève.

Ta main cherche...Doucement tu renais,

et ta poupée s'endort bercée de ton éveil.

 

PARIS

26 Avril 1990 21 Juin 1990


 

                        Laura deux ans

 

Aux confins de ta chambre, le Babar à la main,

tu pars...Une ombre aperçue, les monstres de ton âge,

envolés bientôt à la force du rire.

 

La trace de tes dents aux quatre coins du jour,

et ce rire vorace qu'en vivant tu entonnes,

font vibrer, parfois, un souvenir tenace.

 

De ce vide, un jour devenu toi,

a surgi ton regard tranquille et malicieux.

Une vie je te donne, une vie tu me rends.

 

PARIS 21 Juin 1990

                        Laura d'été

 

Ma fille, ma tendresse, tu es belle, tu souries,

ton corps de bébé s'affine et se modèle...

Tu éclabousses mes jours de rires et de bonheur,

un rêve devenu vrai, aujourd'hui et demain.

 

Ma fille, ma tendresse, ton regard, ta confiance,

les cascades de tes mots illuminent le silence...

Lien subtil de mes jours au fil de mes instants,

alliance devenue vraie, chahuteuse et coquine.

 

Ma fille, ma tendresse, tes paroles et tes chants,

tes mains au creux des miennes apaisent mes souvenirs...

Tu sais dorer la vie au soleil de ton être,

chaleur devenue vraie, rigolote et taquine.

 

Ma fille, ma tendresse, tu dors et tu t'éveilles,

ta tête sur mon épaule, câline et fatiguée...

Tes quatre ans sont glorieux, tu gribouilles quelque page,

esquisse devenue vraie, satinée et rieuse.

 

Paris le 2 Août 1993


 

                        Laura d'hivers

 

Sables d'hivers et jardins froids, les joues rouges et les yeux vifs,

tu cours et tu souris, les pigeons t'accompagnent.

Nous sommes seuls en ce parc, ma fille, ma tendresse

et nos coeurs se regardent et se parlent sans un mot.

 

Il me revient sans bruit ces hivers d'avant toi,

les sables clairs au loin et les senteurs salines,

la solitude caline et les vagues songeuses;

Tranquilles pesanteurs en attendant l'été...

 

La ville nous entoure mais je te vois marine,

ton regard se pose sur les choses et les gens

mais c'est loin d'ici que j'aimerais te parler...

Autres temps d'une enfance qui fut, je crois, la mienne.

 

Ta main dans mes cheveux et je te crois saline,

à la fois douce et sèche, la tendresse hivernale;

Le vent découpe en creux et les coeurs et les mots,

je suis ici à toi, ici, aujourd'hui et demain.

 

Paris le 1 Février 1992

                        Cinq ans

 

Tu as presque cinq ans et déjà tu es femme,

tes rêves, tes désirs, les regards et les mots,

en rires et en caprices, tes pas à mes côtés,

séductrice et coquine, tu sais mener ta vie.

 

Tu as presque cinq ans et tu cherches dans les lettres

une pierre où graver la trace de ton âge,

un dire de tes amours, de tes peurs, de tes rires,

les lettres de ton nom sont ma littérature.

 

Tu as presque cinq ans et les feutres à la main,

des maisons et des arbres, un soleil et de l'herbe,

tu colories en bleu le ciel de mes jours.

 

Tu as presque cinq ans et je me sens vieillir,

tu me donnes une place, un début, une fin,

Tu es ma fille d'amour et je suis ton Papa.

 

Paris le 20 Février 1994

                        Six ans

 

Le temps est loin déjà des babils et des larmes,

pataude, tu courrais, inquiète et passionnée...

Tes yeux éclairent, fascinants et rebelles,

mon chemin, d'une essence, d'un écho de tendresse.

 

Un sourire et des pleurs, quelques pas au soleil,

ton sommeil et tes rires, étincelle et malice,

tu t'essayes à trouver, à l'aube de ta vie,

ce chant profond et doux qui conduit chaque humain.

 

Tu t'essayes à aimer, à vivre et à sourire,

à comprendre, parfois, aux lueurs de ton être,

ce monde parfois frivole aux airs d'indifférence;

 

Moi, ton père, je ne sais que te dire...

Six ans déjà et les mots de mon coeur,

trouvent dans ton regard, le souffle et la lumière.

 

Paris le 15 Avril 1995


 

                        Fin de nuit

 

La nuit s'achevait, j'en était le veilleur

au matin je dormais, l'ombre de ton regard

veillait.


                        Ce matin

 

Le temps passe doucement... Il écrit quelque page.

Dans le fil de nos vies, il trace une épure,

le fil de nos moments et la couleur de nos âges.

Le bonheur dans mon cœur ressemble à ton regard.

 

J’ai vu un soleil pâle éclairé par l’amour.

Avant l’aube subtile, ta main avec tendresse

devant mon cœur posait un bonheur apaisé.

 

Une odeur croustillante a croisé mon  chemin.

Le pain chaud sur mes pas révélait ta présence.

Ton corps à cette odeur chaleureuse et câline.

Nos corps calment ma faim mais l’appétit revient...

 

J’ai vu un vent violent, porteurs de nos vouloirs.

Avant le manque de toi, ton regard sur ma peau

dessinait nos désirs, la paix des retrouvailles.

 

Mon cœur battait très fort dans l’attente de tes pas.

Ces sons précèdent ta voix, le parfum sur ta peau.

Ce sourire sur ma vie que tu poses gentiment

apaise ton absence et éclaire mon chemin.

 

J’ai vu une rose accablée par la pluie.

Avec le matin frais, la lumière et l’été,

doucement les senteurs exprimaient notre amour. 

 


 

                   De janvier à Juin

 

Je suis ton homme d’amour, compagnon de tes rêves.

Ayant ta main câline, attentive sur mon front,

doucement tu m’apaises, doucement je m’endors.

 

Janvier était frileux mais tes lèvres sur les miennes,

abandon délicieux sous la morsure du froid,

dure était la terre sous la douceur des corps.

 

Juin était ludique, lumineux et subtile.

Amoureuse, tu riais, la tête sur mes genoux

devant les gerbes écloses, colorées et festives.

 


 

 

                   Arbre d’amour,

 

« Un bel arbre d’amour va crever sous le gel,

les silences sont là, tapis sous la gelée,

les fruits pourrissent à terre, friches de l’été,

un verger délaissé attend le vent d’hivers. »


 

 

                   Quelques mots en automne… 

 

Le désir est là, étrange, au creux du ventre,

ma main se tend d’un espace vide de sens.

Au jeu de nos rêves, marionnettes impalpables,

nous ne sommes que peu, pitoyables et risibles.

 

Le désir est là, au sang de nos instants,

ma main cherche la tienne au dessus de l’absence.

Au jeu de nos amours, vibration de nos vies,

nous ne sommes que peu, tristes et affaiblis.

 

Ton briquet dans ma poche, fumée de mes amours,

tu es belle au loin, et le grain de ta peau,

et ces heures et ces nuits au jeu d’incertitudes,

et pourtant tu pars au gré des vagues folles.

 

Je suis beau dans l’absence, me disais tu parfois,

les mots sculptent l’amour et sculptent aussi l’absence,

mots parmi les maux, d’amours et de tendresse,

je suis là, tu es loin, fragment, reste ou ébauche.

 


                   Quelques mots en automne (2)

 

Je vivrais dans l’absence puisque ainsi je suis beau.

Ne pas vivre, ne pas être, juste une idée de vie,

Un pétale fané, un regard oublié;

Naître en n’étant pas, une voix de brouillard.

 

Les heures seront couchées, alanguies de tristesse;

la tendresse s’abandonne à la mousse et la pluie.

Une brume, un halo, et tout se fond déjà

dans l’hivers et le froid et le feu qui se meurt.

 

Les nuits seront de gel, solides et solitaires,


Article ajouté le 2007-06-07 , consulté 213 fois

Commentaires


Adesva le 10/09/2007 à 22:59:29
Hi
How are you?

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